LA MORT DANS LA PEAU

Réalisateur : Paul Greengrass
Acteurs : Matt Damon, Franka Potente, Brian Cox, Julia Stiles, Karl Urban
Sortie : 08 Août 2004


Suite de la mémoire dans la peau , la mort dans la peau avait fort à faire pour atteindre le niveau de son aîné. Alors on garde les mêmes et on recommence ? Presque. Simplement, on change de réalisateur, pour une nouvelle vision ? Pas tant que ça, une autre école sans doute. Ainsi, Paul Greengrass, tout auréolé de son Ours d’or pour le film Bloody Sunday, signe cette adaptation du roman éponyme de Robert Ludlum.
Matt Damon est Jason Bourne, JB pour les intimes, initiales nous rappelant le si célèbre agent de sa majesté. Mais là s’arrête la comparaison. Car on est très loin des classiques des films d’espionnages, très loin des James Bond, là, on est dans une réalité toute autre. On ne cherche pas à sauver le monde, on cherche à se sauver ! Jason Bourne a demandé à ce qu’on le laisse tranquille, il vit en Inde, avec sa petite amie, ils vivent l’amour parfait, pourtant, cauchemars et migraines sont le quotidien de JB. Qui est-il ? Lui qui a perdu la mémoire, lui qui ne sait pas ce qu’il est, sauf un tueur au service de la CIA. Mais ça, c’est le passé, désormais il est libre. Pourtant, le passé le rattrape, un tueur lui court après, et Jason doit prouver son innocence dans une histoire où il a été pris au piège.
Voilà Matt Damon face à Brian Cox qui a repris du service et la sublime Joan Allen, qui crève littéralement l’écran, elle qu’on ne voit que dans des seconds rôles, nous montre qu’elle a l’étoffe d’une actrice de premier plan.






Jason Bourne contre le reste du monde ? Non, mais face à la CIA oui. Pourtant, le néo-fugitif n’a pas dit son dernier mot. Entraîné à tuer, formé à être l’élite des agents secrets, Jason Bourne va prouver son innocence et comprendre ses cauchemars, liés à son passé si sombre. Pourtant il est bon de rester vague dans le résumé de ce film, sinon, les coups de théâtres perdront de leur effet et de leur saveur.
La force de ce film est bel et bien de nous emmener dans un univers hostile et de nous montrer un personnage terrorisé par son passé et dont il n’a presque plus souvenirs. Le bras de fer est lancé, et on se prend au jeu avec plaisir ! Pas de fusillades à outrance, là où pourtant on pourrait en attendre, non, quelques bagarres, des poursuites en voitures plus spectaculaires les unes que les autres, un scénario bien ficelé, des seconds rôles réussis, et nous voilà dans un divertissement efficace ! Mais la force de ce film, c’est sa tension, le suspense est omniprésent, on se prend bêtement au jeu, et on n’en sort pas avant la fin.
Pourtant, en parler ainsi pourrait nous faire penser que ce film est parfait. Pourtant non. On peut regretter le manque d’humour, le manque de second degré. Mais certaines situations sont vraiment jouissives ! Jason Bourne est trop fort ! En sniper-espion sur le toit d’un immeuble, téléphone portable à la main, les situations sont toutes originales et mises en scène magistralement ! Les scènes d’actions n’ont rien à envier au reste ! Caméra embarqué, on plaint la caméraman, caméra à l’épaule courir à travers les rues, suivant Matt Damon, sprinteur invétéré, sauteur de haie, grimpeur à ses heures, karatéka, coureur de rallyes… Qu’on se le dise, il sait tout faire, et c’est ça qui fait tout le charme ! Parce que tout est plausible !
Alors que cherche t-il ? Son passé ? A être innocenté ? Oui, et oui. Mais aussi sa rédemption. Accompagné d’un passé lourd, cet homme qui tuait sur commande ne supporte pas ce qu’il a été. Cette scène très forte où il rencontre la fille d’un couple qu’il a tué et où il s’excuse, lui avouant la vérité, équilibre le film. Ce n’est pas qu’un film d’action donc, c’est surtout un film parlant d’un homme brisé qui cherche à se reconstruire. Film d’espionnage, film qui s’intéresse au récit et aux personnages, film rythmé au suspens soutenu, Matt Damon joue un Jason Bourne sobre, dans un rôle à contre-emploi. Une réussite à n’en pas douter.


AUTEUR : PETER PAN


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