HELLBOY

Réalisateur : Guillermo Del Toro
Acteurs : Ron Perlman, Selma Blair, Rupert Evans, Doug Jones, John Hurt
Sortie : 11 Août 2004


1944. Sur une île au large des côtes ecossaises, une brigade spéciale du gouvernement américain espionne un sombre rituel nazi. Un groupuscule, emmené par Raspoutine et ses acolytes, tente de ramener sur Terre des divinités ancestrales endormies depuis les limbes. Le sorcier maléfique ouvre une brèche afin de ramener les monstres des enfers, mais la cérémonie tourne au carnage lorsque les agents speciaux rentrent en action. Resultant de la discorde générale, Raspoutine disparait, les nazis battent en retraite, et le docteur Broom, scientifique américain, capture une petite créature rouge, provenant de la brèche temporelle, qu'il baptisera Hellboy. Soixante ans plus tards, Hellboy travaille pour les services secrets dans la branche paranormale. Sa mission: éliminer la menace des monstres de l'enfer qui pèsent sur la planète.





Une bande déssinée de Franck Mignola n'est pas un support facile pour un metteur en scène. Un graphisme particulier, un découpage alambiqué et des personnages charactériels.. on pourrait résumer ainsi le fil conducteur de l'artiste. Guillermo Del Toro, qui s'est déjà imposé comme un spécialiste des univers sombres (Mimic, L'echine du diable) et du film d'action frénétique (Blade 2), convenait d'autant plus à cette adaptation qu'il est un inconditionel de Mignola. Et c'est en ce point précis qu'Hellboy péche son seul gros défaut. Autant le dire de suite, Hellboy est film de fan pour les fans. Si vous êtes un tant soit peu hermétiques à l'univers inspiré d'HP Lovecraft (référence aux créatures de son univers, ambiance vieux bouquins) et aux films de monstres bourrés d'action tendance Van Helsing, le visionnage risque d'être au mieux passable. Pour les autres, c'est avec plaisir qu'on verra adapté à l'écran un personnage au charisme devastateur impeccablement interprété par Ron Perlman (Le nom de la Rose, La cité des enfants perdus, Blade 2).
Hellboy est l'archétipe du premier épisode d'une série. Présentation d'un univers, présentation des personnages et survol complet de l'arsenal et des spécificités de chacun des protagonistes principaux. Ainsi on cerne totalement le diable rouge, personnage principal, doué d'une force exceptionnelle, quasi invincible, et au temperament instable. Tantôt humain, atteint par des sentiments troubles, son amour pour Liz Sherman (transparente Selma Blair), et son inquiétant passé (Hellboy est né pour dévaster la planète...), il est un personnage intéréssant, peut être le plus original et le plus accrocheur de tous les personnages de comics adaptés pour le moment au cinéma. N'hésitant pas à nous sortir une ou deux vannes bien graveleuses après avoir mis à terre ses adversaires, Hellboy tue les monstres comme il pointerait à son boulot. La formule de l'humour fonctionne et permet de decomplexer une ambiance qui se risque au serieux (il s'agit de sauver le monde quand même...).
Mais le film de Del Toro subit aussi les effets retors de ce phénomène d'introduction à un univers riche. Le scénario est basique, lent, et le spectateur sort de la salle avec un méchant arrière gout de n'avoir que survoler un monde dont on aimerait en apprendre d'avantage. Ainsi le combat final est rapidement expédié et les personnages secondaires transparents au possible. C'est d'autant plus navrant qu'Abe Sapien est un personnage riche et que le professeur Bloom (John Hurt) est impeccable.
Malgré ses défauts, Hellboy est un film enchanteur, qui fonctionne tellement bien qu'on ne sent pas passer les 2h02 minutes du visionnage. A ce propos la version française fera 15 minutes de plus, un Director's cut qui donnera peut être l'occasion à Del Toro de soigner son scénario et de corriger les quelques petits défauts. Hellboy est donc une excellente occasion de s'immiscer dans cet univers sombre, peuplé de créatures monstrueuses et tentaculaires, et irrémédiablement, on demande à Del Toro de se dépécher de nous offrir un nouveau spectacle jouissif avec Hellboy 2.



POUR
Une ambiance lovecraftienne superbement retranscrite
Ron Perlman, charismatique Hellboy
Photo superbe
Des effets speciaux globalement réussis
Une action bien dosée
L'humour
CONTRE
Les personnages secondaires un peu absent
Un scénario simpliste
On ne fait que frôler l'univers sans jamais réélement rentrer dedans


AUTEUR : Nano

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