IMMORTAL(AD VITAM)

Réalisateur : Enki Bilal
Acteurs : Linda Hardy, Thomas Kretschmann, Charlotte Rampling
Sortie : 24 mars 2004


Enki Bilal a un projet : porter son univers graphique et son imaginaire sur le grand écran. Apres deux essais tellement fauché qu'on les a trop vite oublié, Bilal revient sur le devant de la scene en proposant une fausse adaptation de sa "trilogie Nikopol" (pour les non-initiés, il s'agit dun tryptique relantant les aventures de 3 personnages dans un monde futuriste, la journaliste Jill, le taulard congelé Nikopol et le dieu egyptien Horus).
Pourquoi fausse ? parce qu'ici seul les noms et l'image n'a pas changé depuis la bande déssinée, le scenario est nouveau, le film se deroule à New York (contrairement à Paris) et les élans politiques ont été mis au placard au profit d'une etude humaine plus approfondie.
Le dieu Horus, en desaccord avec Anubis le chacal, n'a plus que sept jours pour profiter de son immortalité. S'enfuyant de son vaisseau pyramide, il plonge sur la ville de New York avec pour seul plan d'impenetrables voix divines. Parallelement une extra-terrestre du nom de Jill interesse serieusement une compagnie scientifique qui pratique le remplacement d'organe humain. Enfin, Nikopol, congélé dans un tube cryogenique pour avoir mené des emeutes morales envers le gouvernement 40 ans plus tôt, se reveille 1 an en avance et inquiète serieusement le président-dicateur en place. Le destin va réunir ces trois personnages pour former le trio libidino-aventureux le plus improbable...



Bilal a beneficié de moyen extraordinaire pour concretiser son oeuvre. Le budget doit facilement avoisiner celui d'"Asterix et Obelix : mission Cleopatre" ou encore "Blueberry". Soutenu par des fonds franco-français, on ne peut que feliciter l'intention des producteurs quand à la democratisation de ce genre de films. Malgre tout, et ce dès les cinq premieres minutes, on est frappé par certains choix artistiques. Il faut savoir que 80% du film est constitué d'images de synthese, certains acteurs sont filmés "live" mais la plupart ne sont que pures créations numeriques (le president-dictateur et sa secretaire ...etc..), et l'anachronique animation de ces derniers, qui nous renvois aux premiers essais de la 3D au debut des années 1990, combinés aux textures des peaux et des vetements empecheront certainement de nombeux spectateurs d'entrer dans l'histoire et de considerer ces "acteurs" virtuels comme de veritables personnages. Le choix du réalisateur est deroutant. Son explication: seul les personnages humains en chair et en os sont représentés par de vrais acteurs, les autres, modifiés genetiquement ou par substitution d'organes sont modélisés en 3D afin d'amplifier l'impression d'un monde synthetique, froid et impersonnel.



Pari réussi, l'esthetique l'emporte sur la technique. Le scenario athypique, melange de science fiction, de polar, de film à vocation politique universelle nous fait oublier tous les defauts inherents à la technique que 4 ans de tournages n'auront pas rodé. L'exploit est de taille et le film peut facilement se comparer techniquement aux grosses machines Hollywoodiennes. Bien sur les plus refractaires à cette science fiction intello auront peine à rentrer dans le film, mais le depaysement est le plus total, et malgre les premieres craintes, compte tenu des codes visuels vehiculés par le film, on se demarque totalement des bessonerie et autre films de Spielberg. Bref comme "le Pacte des Loups" le fut en sont temps, "Immortal" est un film généreux, un film de passionné, un régal visuel, et surtout un excellent film de genre français comme on en goute que trop rarement.



Nous avons eu la chance d'assister à l'avant premiere mondiale à Bruxelles du film, en présence d'Enki Bilal et de l'actrice principale Linda Hardy, les photos sont disponibles ici



POUR
Un scenario beton dans un univers solide
Des personnages au background developpé
Les décors et les vehicules ont à tomber par terre
L'humour
L'ambiance Blade Runner
CONTRE
Les personnages synthetiques mal animés et peu credible
trop court


AUTEUR : Nano

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