PIRATES DES CARAIBES

Réalisateur : Gore Verbinski
Acteurs : Johnny Depp, Orlando Bloom, Keira Kneightley
Sortie : 13 aôut 2003


Dire que j’attendais un come-back des films de pirates comme un employé attend le treizième mois est un doux euphémisme. Un genre qui n’avait guère intéressé Hollywood depuis l’essai manqué de Renny Harlin en 1996 avec « l’île des Pirates ». C’est donc avec une certaine impatience que j’ai vu venir la naissance d’un projet qui, pourtant, n’avait rien pour plaire.



« Pirates of the Carribean » est une production Disney/Bruckheimer. Rien que ces deux noms auraient pu rebuter n’importe quel amateur. Bruckheimer étant un spécialiste du ratage démesuré, déjà coupable de fléau tel que Pearl Harbor, Coyote Girls ou Bad Boys pour ne citer qu’eux. On aurait pu aussi craindre un passage au rouleau compresseur Disney qui aurait transformé nos chers flibustiers en Blanche Neige et Bambi à la plage. Il n’en est rien.



« Pirates of the Carribean » nous narre les aventures d’une poignée de gentils pirates qui cherche vaille que vaille à mettre un terme aux agissements du Capitaine Barbosa et sa bande de méchants pirates zombies. Au menu, des duels de sabres, des explosions, un bateau maudit, une île déserte, un trésor et des batailles épiques à grand renfort d’effets spéciaux.
Le scénario est bien mené et le réalisateur Gore Verbinski nous fait presque oublier qu’il a précédemment mis en scène l’abêtissant « La souris ». Bruckheimer n’a pas refilé le bateau, si j’ose dire, à Michael Bay (Bad Boys, Armmageddon et Pearl Harbor) et c’est tant mieux, on évite ainsi le montage épileptique des scènes d’action, et notamment on se délecte d’un mémorable éperonage entre le Black Pearl et un autre navire, du jamais vu au cinéma.
On ne s’ennuie pas, l’action est omniprésente tout comme l’humour quasi indispensable pour une bonne histoire de flibustier. Bien sur, on est loin du Pirates de Polanski qui prônait plutôt le classicisme, ici c’est la place au fantastique qui pourrait désorienté les non-initiés, mais vous voilà avertis, Pirates des caraïbes est une histoire de vieux bateaux ET de vieux fantômes… Les effets spéciaux d’ILM sont réussis et contribuent grandement à l’immersion du spectateur. Cependant, grosse ombre au tableau, de nombreuses longueurs, que ce soit dans les dialogues ou les duels, viennent nous faire penser que le film aurait grandement gagné à être raccourci d’une bonne demi-heure.



Un nom, un seul, a sauvé ce bateau du naufrage et a même révélé l’intérieur du coffre au trésor. Johny Depp.



A 40 ans, l’acteur qui a toujours favorisé les réalisateurs indépendants comme Burton, Kusturica ou encore Gilliam, nous gratifie, dans ce blockbuster, d’un jeu grande classe. On ne l’avait pas vu en aussi grande forme depuis Las Vegas Parano, c’est peu dire. Grimé comme une rock star, Johny Depp mime à la perfection le Capitaine Sparrow, pirate déjanté qui, à chaque apparition, nous en donne pour nos euros dépensés. Dès son entrée en scène, lors de l’arrivée du pirate à Port Royal la couleur est annoncée, Sparrow vole littéralement la vedette aux deux protagonistes principaux incarnés par Orlando Bloom qui troque son arc de Legolas pour le sabre de Will Turner et à la charmante Keira Knightley qui joue ici la fille du gouverneur Swann. A noter la remarquable prestation de Geoffroy Rush parfait en capitaine Barbosa qui n’est pas sans rappeler un certain LeChuck au connaisseur de l’île des Singes…
Au final, si, entre les plages des caraïbes ou l’invasion des robots Terminator, votre coeur balance. N’hésitez pas une seconde ! Le capitaine Sparrow est là pour vous faire passer un excellent moment.


AUTEUR : Nano

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