STEAMBOY

Réalisateur : Katsuhiro Ôtomo
Acteurs : Kiyoshi Kodama, Manami Konishi, David S. Lee, Anne Suzuki, Katsuo Nakamura
Sortie : 22 Septembre 2004


Vous connaissez « Akira » ? Ce film d’animation sortit en 1991 (en France) sous la réalisation de Katsuhiro Otomo. Bien sûr, qui ne le connaît pas ? Cet excellent film de Science fiction qui fit découvrir/démocratiser, en France, le phénomène « manga ». Dans un univers post-apocalyptique, Akira nous dévoilait la vision que portait Otomo sur la société. Les années passant, nous n’espérions plus voir d’œuvre d’Otomo, pourtant vu le succès d’Akira, nous étions en droit d’avoir d’autres films signés de la main du maître. Il n’en fut malheureusement rien. Après 13 ans d'attente, Otomo nous signe un nouveau chef d’œuvre. Attention changement de direction totale !
En 1851, alors que l'Angleterre victorienne prépare son Exposition universelle, le jeune Ray se voit confier par son grand-père une mission de la plus haute importance. Il est chargé de remettre une invention révolutionnaire, une mystérieuse sphère de métal, à un autre scientifique nommé Stephenson. La sphère est en fait une " Steam Ball ", une source d’énergie d’une puissance phénoménale, clé du fonctionnement d’un mystérieux " château de vapeur ", la dernière et géniale création du père de Ray, Eddie. L'invention attise la convoitise de beaucoup de monde, dont la toute-puissante Fondation Ohara, prête à tout pour remettre la main sur ce qu’ils ont contribué à créer. La lutte pour sa possession va entraîner Ray dans la plus excitante et la plus dangereuse des aventures. Désormais, le futur est entre ses mains…






Le film prend appui sur ses personnages. Que se soit Ray ou l’un des personnages secondaires, tous ont été détaillés avec un souci du détail poussé à l'extrème. Ray, un enfant pas comme les autres, est inventeur, tout comme son père et son grand-père. Que se soit « mademoiselle Scarlette », à première vue une fille à papa sans manière ni morale, ou le père, eddie, accidenté lors d’une manipulation, les personnages sont soignés et complexe, dévoilant tous differentes personnalités.
Situé en plein 19ème siecle, siècle des grandes inventions, la période permet de mettre en avant le sujet du film. Alors que les gens de cette époque ne se déplacent qu’en carriole ou tirés par des animaux, les personnages principaux sont eux équipés de machines indépendantes. : des sortes de locomotives mais sur roues. En passant de la simple loco-voiture au sous-marin ou encore à un ersatz de deltaplane motorisé, c'est un défilé d'inventions aussi ingénieuses qu'improbables. Anachronismes qui renforcent l’histoire et qui donnent plus de pêche à l’ensemble. Mais ces anachronismes ne sont pas que futuristes, Otomo s'inspire assi d'un design passéiste comme l'utilisation d'armures medievales afin de proteger les soldats d'elites Ohara.
Le récit a un rythme soutenu et on est tenu en halène durant les 2 heures du film. On ne s’ennuie pas un seul instant que ce soit dans les scènes d’actions ou ou les tirades plus calmes, tout a été orchestré avec brio. Steamboy est un film d'aventure enlevé et jouissif !
Loin du monde d’Akira et de son public mature, on se croirait presque face à un Myazaki tellement le changement est radical. Evidemment, la patte du maître, inimitable, nous rappelle que nous sommes bien devant un film du père d’Akira. La technique a permis des graphismes somptueux qui mélangent habilement 2D/3D. Le réalisateur a eu les moyens et le temps pour fignoler son bébé. Très rare seront les moments où vous pourrez distinguer un problème d'incrustation dans la 3D. Cela bouge merveilleusement bien et l'on est scotché devant tant de maîtrise durant tout le film.
Les musiques ne sont pas en reste. Malgré la touche hollywoodienne de ces dernières (à des années lumière de la B.O d’Akira), elles savent nous mettre dans l’ambiance. Les doublages, quant à eux, sont de moins bonnes factures (constaté sur la version originale sous titrée française), mais c’est le style Otomo qui veut celà. Des animations faciales trop complexes, qui ne permettent pas un doublage optimal.
Le maître nous signe ici une œuvre magistrale du film d'aventure. Le film vous portera dans un univers à l’opposé de celui d’Akira. Il a pris des risques et son temps mais ce n’est pas pour rien, ni pour nous déplaire. Donc changement de cap avec ce film, qui s’annonce d’hors et déjà comme une référence immanquable du cinéma d’animation.

PLUS
Tout ou presque, courrez le voir

MOINS
On sent le projet américanisé.


AUTEUR : SHARIBAN

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