3 EXTREMES

Réalisateur : Park Chan-wook, Takashi Miike, Fruit Chan
Acteurs : Atsuro Watabe
Sortie : 04 Mai 2005


3 Extremes, comme son prédecesseur (Three, Histoire de l'au delà), est un rassemblement de trois moyens métrages d'horreur asiatique sans thème commun.

Nouvelle Cuisine (Fruit Chan) : Pour tenter de reconquérir le coeur de son mari, une femme bourgeoise de Hong-Kong va faire appel aux services d'une cuisinière un peu spéciale. Cette dernière promet de retrouver une jeunesse physique très rapidement, juste grâce aux pouvoirs de sa recette de raviolis...

Coupez ! (Park Chan-Wook) : Un jeune réalisateur, à qui tout réussi, se retrouve confronté à un choix terrifiant. Un mysterieux tortionnaire lui impose de choisir entre tuer une jeune enfant, ou découper un à un tous les doigts de sa femme.

La boite (Takashi Miike) : Une jeune romancière à succés est aidée par son éditeur à percer le secret de son passé. Un à un les souvenirs ressurgissent. Un cirque, deux jeunes filles, un homme... Et cette boite noire, mystérieuse et effrayante.








Puisque les trois histoires n'ont aucun rapport entre elles, il est inutile et impossible d'en parler comme d'un tout. Je passerais donc d'une histoire à l'autre. Sachez juste, que les trois auteurs, Fruit Chan, Takashi Miike et Park Chan-Wook ont délibérement voulu aborder le thème de la peur d'une manière diamétralement différente.

NOUVELLE CUISINE
C'est l'horreur viscérale que Fruit Chan choisit d'utiliser dans son court métrage. Le réalisateur n'est pas un habitué du cinéma de genre, il est un réalisateur de Hong Kong pour Hong Kong, ayant par différents biais étudié la population de la ville depuis la passation. Il s'apesantit, dans Nouvelle Cuisine, sur les frivolités de la femme nouvelle, donnant une image et une approche conceptuelle de cette femme prête à tout, pour qui l'image d'elle-même est plus importante que la vie.
Remarquablement mis en image, le court métrage offre une couleur rayonnante, parfaitement décalée avec la suggestion et le propos atroce du sujet. Car si Nouvelle Cuisine fait peur, ce n'est que par la force de son propos, le spectateur ne gardera pas longtemps le souvenir de cette peur, mais plutôt un gout amer, au bord de la nausée. L'excellente interpretation aidera à avaler la pillule (si je peux me permettre). Un court métrage sympathique, avec une bonne idée de départ et un denouement entre grotesque et glauque assez surprenant.

COUPEZ !
En deux films, Sympathy for Mr Vengeance et Old Boy, le coréen Park Chan-Wook s'est forgé une réputation de David Fincher (Seven, Fight Club) asiatique. Ses films coup de poing révélaient une maitrise dans le déplacement de la caméra et dans la mise en scène unique. Résolument moderne mais toujours éxécuté avec grâce, ces figures de styles ont su jusqu'alors éviter les clichés de la surabondance clipesque (Saw par exemple...). Toujours est-il que pour Coupez !, Park Chan-Wook a sacrifié justement un peu de cette virtuosité pour un abbatage stylé qui finalement ne mène qu'à une petite histoire, certes entrainante et drôle, mais forcément décevante pour qui a vu et a apprécié Old Boy.
Finalement, goupillée comme un murder-movie classique, on attend patiemment que le personnage principal face son choix, entre massacrer cette pauvre gamine, ou littéralement charcuter sa propre femme. Heureusement, tourné et interprété avec talent et humour, Coupez! reste un très bon moment, et un divertissement de qualité.

LA BOITE
Le segment signé Takashi Miike (qu'on ne présente plus...) sera finalement le plus convaincant. Le réalisateur japonais a choisi de traiter le thème de la peur d'une manière plus onirique, et surtout plus calme et posée que ses deux prédecesseurs.
Le Boite est un puzzle, non pas déstiné à perdre le spectateur, mais bel et bien à tenir son attention jusqu'à la dernière image. Un concept plus qu'usité ces dernières années, mais lorsque dévoilé avec autant de brio et de virtuosité, on se prosterne et on applaudit. Outre la beauté plastique, la qualité du propos est absolument bluffante. Le format court métrage est parfaitement formatté pour ce type d'histoire. Je ne peux malheureusement pas révéler grand chose par peur de spoiler un dénouement trop important. Sachez juste que le segment de Miike est un véritable enchantement, concluant de manière grandiose ce tryptique de qualité.


AUTEUR : NANO